Secrets d'État, pouvoir du net et flux d'informations

Publié le 29 Mars 2006

Les congressistes américains qui croient encore que Saddam Hussein avait des armes de destructions massives sans pouvoir le trouver jouent la carte du net.

Peter Hoekstra, représentant républicain de l'État du Michigan oblige John Negroponte, directeur de "l'intelligence nationale" qui chapote les services de renseignements, à publier 48.000 caisses de documents saisis par les troupes américaines en Irak.

Hoekstra veut "libérer le pouvoir du net" pour traduire et analyser ces millions de documents écrits ou parlés en arabe, rapporte le New York Times. Après avoir fouillé sous tous les grains de sable du désert, les services de Negroponte sont convaincus qu'il n'y avait ni anguille, ni anthrax, ni bombe atomique sous roche.

Mes réactions:

- L'initiative correspond aux potentialités du net que tout le monde peut utiliser indépendamment de ses positions politiques ou idéologiques;

- Je trouve extraordinaire qu'un gouvernement soit obligé d'ouvrir des caisses de documents secrets pour que les citoyens y fourrent leur nez;

- On peut douter qu'ils y trouvent des preuves solides de la présence d'armes "non conventionnelles" dans l'arsenal de Saddam;

- L'opération peut réussir d'une autre manière dans la mesure où elle "libère" les bloggeurs de droite qui commencent à bombarder la blogosphère en s'appuyant sur des interprétations discutables de documents qui sont souvent des faux.

Voilà une opération intelligente d'utilisation des flux d'informations indépendamment du degré de vérité qu'ils véhiculent. C'est plus fort (et plus dangereux) que l'intox directe ou le contrôle.

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