Souvenirs de quand j’ai débarqué à San Francisco en janvier 1996 (1)

Publié le 18 Janvier 2006

Sfo_ortho Il y a dix ans exactement, je débarquais à San Francisco pour m’y installer et couvrir les technologies de l’information telles qu’on peut les voir d’ici (après l’avoir fait pendant deux ans depuis un village mexicain…).

Que les choses ont changé. Nous le savons tous, mais pour en avoir une idée plus précise j’ai été relire mes articles d’alors.

Apple était le troisième producteur mondial d’ordinateurs (plus de 8% du marché) ce qui ne l’empêchait pas d’être au bord de la faillite. Elle n’a plus que 5% du marché mais elle a les poches pleines grâce à la vente de gadgets.

Ce qu'on peut acheter avec 500 dollars

Nous savons tous que l’évolution des prix est spectaculaire. En voici un exemple. Dans un article de février 1996 je donnais les détails de la NetBox, « terminal bête » et projet des patrons d’Oracle et de Sun Microsystems pour détrôner celui de Microsoft. Connectée à l’internet, où elle gardait informations et intelligence, cette boîte était mise à prix 500 dollars.

Pour la même somme d’argent je peux acheter aujourd’hui aux États-Unis, un PC Dell (il y en a d’autres très semblables) chip de 2,8 Mhz, mémoire vive de 512K, disque dur de 80Gb, un lecteur DVD et un écran de 17 pouces.

L’état d’esprit aussi a changé. On était alors choqué par plein de choses auxquelles on s’est habitué:

- une juge allemande venait d’interdire l’accès à un site américain sur laquelle on trouvait de la propagande nazi ;

- un mari demandait le divorce après avoir surpris sa femme en train de chater avec un autre homme ;

- quelques semaines plus tôt, AOL avait interdit tous les sites contenant le mot « breast » (poitrine en anglais) en raison de ses connotations sexuelles et condamné du même coup les groupes d’entraides de femmes affectées d’un cancer du sein.

J’étais alors obligé de faire attention à ce qui se passait aussi bien sur Compuserve que sur AOL. Ces deux services fermés qui attiraient la moitié des internautes américains existent toujours mais plus personne ne doute que la vie est sur l’internet.

Autre repère, le New York Times était en ligne depuis à peine quinze jours.

1995 "année de l'internet"

Début 1996, je saluais 1995 comme « l’année de l’internet » un continent qui restait encore à découvrir pour la plupart d’entre nous. J’y citais, par exemple, un article comparant le cyberespace à “San Francisco un après la ruée vers l’or”.

Nous avons connu depuis un premier boom, un effondrement, une prétendue « maturité » et, peut-être nous approchons nous d’un nouveau boom.

Péripéties que tout cela, l’internet est maintenant partout. Mais, à la différence d’il y a dix ans où ils représentaient l’énorme majorité des internautes, les États-Unis ne représentent plus aujourd’hui que 20% de la population mondiale des branchés qui devrait très bientôt atteindre le milliard. En 1996 nous n’étions que 40 millions. Le double de ce que nous étions en 1995.

Je reviendrai tout à l’heure sur d’autres anecdotes que j’estime révélatrices. Mais je suis curieux de savoir si vous avez des souvenirs de ce que l’internet et les ordinateurs représentaient pour vous il y a dix ans. Pas seulement les pionniers. Ceux qui s’en riaient, qui l’ignoraient ou qui, c’était courant alors, le combattaient.

A vous donc…

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