Le mystère Mendeleïev : ou comment la section Sciences du New York Times aborde le sujet « Wikipedia »

Publié le 5 Janvier 2006

101_mendeleyev C’est sous forme de « commentaire » que George Johnson écrit avec un délicieux humour ce qu’il pense de Wikipedia (et de la Britannica) dans la section Sciences du New York Times (publiée chaque mardi).

Assaisonné de quelques formules ciselées, son article reprend la comparaison faite par la revue Nature (voir ce billet) qui montre que l’on trouve des erreurs dans les deux encycolopédies : un peu moins, mais pas beaucoup, dans celle qui est rédigée exclusivement par des experts.

Là où son truc est hilarant (et instructif) c’est quand il compare ce qui se dit sur la famille du chimiste russe Dimitri Mendeleïev. Britannica affirme qu’il est le 17ème enfant d’une famille… nombreuse.

Le spécialiste chargé par Nature de réviser les articles souligne l’erreur : il était le 13ème. Le seul ennui lui fait remarquer Johnson, c’est que dans son livre sur le sujet, il est écrit qu’il était le 17ème. « Erreur typographique » répond notre professeur d’histoire des sciences de l’Université de Princeton. D’autres sources le donnent en 11ème ou 14ème position.

Et Wikipedia dans tout ça ? Elle semble avoir essayé tous ces chiffres plus quelques autres. Un ajout intempestif en a fait « le plus vieux de 500 millions d’enfants ».

Dès que la discussion a surgi, elle a mis un bandeau prévenant que l’article sur Mendeleiev « a été signalé comme contenant des erreurs » puis s’est vite rangé au chiffre 13. L’Encyclopaedia Britannica le donne toujours 17ème enfant de sa famille… et ce depuis 1974.

Comme le dit Johnson : « Un fait est sûrement un fait, mais ce qui constitue une erreur peut être aussi difficile à saisir qu’une goutte de mercure ».

Quant au fond, selon lui : « La question est de savoir si l’on croit une encyclopédie qui évolue comme un organisme ou une autre qui est dessinée comme une machine ».

Voilà qui ferait vibrer le cher Thomas Kuhn…

Coup de grâce : Wikipedia contient un article bien fait sur la Britannica. Menacée par cette prolétaire surgie trop vite, qui chahute son trône et qui s’améliore, la reine mère, par contre, ne dit mot. Elle n’a pas les moyens de réagir entre deux éditions.

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