Trois faux pas de Wikipedia

Publié le 30 Décembre 2005

Trois incidents récents obligent à se pencher à nouveau sur Wikipedia, l’encyclopédie dont le contenu peut-être rédigé par tout le monde.

L’incident le plus sérieux concerne une entrée accusant John Seigenthaler, un ancien journaliste d’avoir été un « sponsorisé directement les assassinats de John Kennedy et de son frère Bobby [...], même si rien n’a été prouvé ». Fausse, l’information est restée en ligne pendant plusieurs mois.

Le second incident met en cause Adam Curry, pionnier du podcasting accusé d’avoir modifié une entrée sur le sujet pour minimiser le rôle d’autres personnes.

Le troisième implique Jimmy Wales lui-même. Il aurait remanié sa biographie 18 fois alors que Wikipedia, conseille aux gens de ne pas le faire. Curry a déclaré avoir agi par souci de précision et Wales reconnaît avoir commis une erreur.

Les critiques sont ravis. Ils soulignent qu’un tel modèle « ouvert » ne peut pas être fiable et que son échec était prévisible. Rien de nouveau. Mais la question la plus intéressante est celle de la responsabilité (accountability) de ceux qui participent à l’élaboration du contenu. La liberté d’expression implique que des injures ou des fausses accusations soient lancées. Le problème de l’internet est qu’elles peuvent être anonymes. Ça n’est pas spécifique à Wikipedia. Mais quand il s’agit d’une entreprise (au sens large) qui se veut source de connaissances, on comprend que les gens soient plus attentifs.

Avec près de 4 millions d’entrées dans 200 langues selon la revue Nature, Wikipedia est la plus « grosse » encyclopédie du monde (critère discutable). Une étude vient de démontrer qu’elle est pratiquement aussi fiable que la Britannica. Mais les failles récentes posent, enfin de façon concrète le modèle. C’est aussi une bonne occasion de réfléchir sur la façon de s’en servir.

J’y reviens tout de suite.

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