L’info pour les indigènes du numérique

Publié le 28 Décembre 2005

Continuons avec les citations du livre de Fogel et Patino Une presse sans Gutenberg (voir ce dernier billet).

Ils concluent leur premier chapitre en expliquant les bases sur lesquelles la réorganisation des médias doit se faire, et en indiquant clairement leur choix.

35. La presse, tous médias confondus, va plus simplement se rebâtir ou se bâtir en fonction de réalités devenues incontournables : le primat d’Internet ; l’obligation pour un média d’organiser sa présence sur le réseau ; et, enfin, la coexistence de deux mondes, réel et virtuel, que les journalistes doivent couvrir. Voilà le nouveau régime de la presse au temps du numérique.

38. Deux attitudes sont dès lors envisageables. La première, la plus courante, est la dénonciation hautaine de la mauvaise pente suivie par les médias de presse [...] L’autre attitude, la nôtre, repose au contraire sur la conviction que le journalisme, touché par la diffusion des technologies numériques avec Internet au premier rang, n’a pas traîné à se réinventer.

Entre ces deux passages, je retiens cette courte phrase qui indique toute l’étendue du défi.

37. Cette fois, il s’agit de bâtir un univers de l’information qui soit naturel pour les indigènes du numérique.

Les indigènes du numérique (digital natives) sont nés avec alors que les immigrants s’y sont faits (question de génération). Un long article publié au printemps 2005 sous le titre révélateur de Abandoning the News montre que 44% des jeunes entre 18 et 34 ans consultent des sites d’informations générales au moins une fois par jour. 49% d’entre eux donnent comme raison principale de leur attachement le fait que « ils me donnent les nouvelles quand je veux les avoir ».

Une plaisanterie macabre veut que chaque fois que quelqu’un meurt « c’est encore un lecteur de journal qui s’en va ».

Faites les comptes.

Commenter cet article