FON : questions de sécurité et de « modèle »

Publié le 21 Décembre 2005

Pour réussir FON (voir ce billet, celui-ci et celui-là) devra franchir plus d’un obstacle, qu’ils proviennent du recours à des technologies différentes ou de certaines dispositions légales ou contractuelles. Certains fournisseurs d’accès (cela change suivant les entreprises et suivant les pays) ne tolèrent pas que l’usager partage son point d’accès et encore moins qu’il le vende. La solution passe par la signature d’accords avec certains d’entre eux, de préférence les plus importants. Plus ils seront signés tôt, mieux FON s’en portera.

Le cas de la sécurité semble particulièrement problématique en France. « Mais que fait la police » ? demande Matiu dans un commentaire.

« Admettons que demain, je partage ma connexion par le biais de Fon. Un inconnu s'installe en bas de chez moi, se connecte à mon acces wifi, et télécharge de la musique en p2p. Qui sera fiché par la police au service des marchands de disque? lui ou moi? »

Corsac explique :

« Je veux bien offrir internet gratuitement à mes voisins (je le fait, d'ailleurs), mais je refuse qu'ils fassent des bétises, que ce soit sur mon réseau local ou sur internet, puisque ce sera sous mon compte. La LEN impose pour les fai (et là en l'occurrence on peut être consideré comme un fai) la conservation des logs, histoire de pouvoir les transmettre à la justice après. Ce qui est du coup incompatible avec la CNIL, à moins de faire une déclaration un peu casse bonbons :) ? »

Mais la difficulté la plus sérieuse semble d’ordre social et presque politique. Entreprise commerciale branchée sur un « mouvement » social, la nature ambigüe de FON suscite l’opposition de certains puristes (côté activistes s’entend).

Varsavsky m’a expliqué le modèle par courriel dans les termes suivants :

« FON est une entreprise qui s’appuie sur la philosophie des réseaux sociaux et pour maintenir de tels réseaux il faut générer des fonds. FON va les générer grâce aux Aliens, c'est-à-dire grâce à tous ceux qui veulent accéder au réseau FON mais ne font pas partie du mouvement et paye pour se connecter en ayant recours aux points d’accès au réseau. »

Il est, en outre, convaincu que son réseau, “est une réponse réelle à la nécessité actuelle de créer un réseau de relations technologiques entre les usagers. Le futur, comme le présent, est à la collaboration et renforce les bénéfices pour chacun des groupes. »

Alors… une entreprise commerciale qui est en même temps mouvement social, ça vous gêne ?

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