Comment marche FON

Publié le 19 Décembre 2005

J’ai évoqué la semaine dernière (voir ce billet) le lancement de FON, un réseau de partage de l’accès sans fil à l’internet qui devrait permettre de se connecter de partout.

L’objectif est de résoudre un des gros problèmes de WiFi: la technologie se généralise, mais nous n’y avons accès que par tous petits morceaux : à la maison, au bureau et, pour ceux qui payent, sur certains réseaux dont la couverture reste toujours trop limitée.

Qui souhaite y remédier peut participer à FON en adoptant l’un des trois profils proposés. Les « Linus » permettent à tous les membres d’utiliser leur bande passante et bénéficient gratuitement de la bande passante de tous les autres. Les Aliens ne partagent rien et payent leur accès quand ils se servent du réseau. Les « Bills » vendent leur bande passante aux « Aliens » (et partagent le revenu avec FON qui en vit ; il s’agit d’une entreprise commerciale) mais ne bénéficient pas de l’accès gratuit à tout le réseau.

Les membres du réseau ou « foneros » téléchargent un logiciel qui réécrit celui qui permet à leur router (point d’accès) de fonctionner s’il est écrit en Linux. A ce jour les routeurs Lynksis peuvent être modifiés. La liste devrait s’allonger bientôt.

FON est donc un animal amphibie qui figurerait parfaitement dans l’air du temps tel qu’on le respire à San Francisco où les « entrepreneurs sociaux » - ces gens qui veulent gagner de l’argent mais pas n’importe comment - se font une place à côté des capitalistes sauvages.

Et pourtant, FON vient d’Espagne (vous pouvez suivre son développement en français sur ce blog). C’est la dernière en date des sociétés lancées par l’argentin Martín Varsavsky (il écrit un blog en anglais et en espagnol), connu en Europe en raison notamment de deux des compagnies qu’il a lancé : Jazztel et Ya.com. En Amérique latine on le connaît surtout pour son initiative Educ.ar lancée pour permettre aux écoliers et étudiants d’acquérir un ordinateur dans de bonnes conditions.

Quand il parle de son projet, Varsavsky se laisse volontiers emporter par son enthousiasme (cf. le podcast – en anglais - d’une conférence téléphonique organisée par Yi-tan.com). Il parle de « mouvement » et rêve d’un million de « foneros » ce qui donnerait effectivement une couverture pratiquement universelle au réseau (dans les plus grandes villes en tous cas).

Nous avons donc là une société commerciale qui se propose de résoudre un vrai problème en se branchant sur un « mouvement » composé de (ou donnant lieu à des) réseaux sociaux.

Je reviendrai plus tard (aujourd’hui et demain) sur d’autres aspects de FON, notamment les obstacles qu’il doit résoudre, mais je suis curieux de savoir de que vous pensez d’un tel modèle.

Dites-le nous…

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