Qu’est-ce que le « local » ?

Publié le 7 Décembre 2005

Structurewww Quand elles veulent se mettre au goût du jour les entreprises transnationales parlent de glocalisation. Ça consiste à adapter leur stratégie globale, leurs produits vendus de par le monde aux goûts locaux de tel ou tel pays. Limité mais pas nul.

Mais qu’en est-il de la glocalisation sur le net ? Qu’en est-il du local sur ce réseau des réseaux pour lequel tout point est accessible de n’importe quel autre point ?

Dans un billet remarqué et cité, la blogueuse Danah Boyd (zephoria.org) apporte des éléments précieux qui servent aussi à comprendre ce qui est en train de changer sur le web.

La première étape (Web 1.0 dans le jargon en vogue à San Francisco ces jours-ci) a consisté à créer l’infrastructure. Elle n’a pas fait disparaître la géographie. Elle a permis des regroupements qui ne dépendent plus seulement de la proximité mais de nos intérêts, de nos goûts, de nos passions.

Maintenant, notre univers immédiat – le local - existe à deux niveaux : le lieu physique auquel nous sommes habitués et le réseau des liens sociaux qui définissent notre espace proche (entourage?).

« Plutôt que de conceptualiser le monde en termes géographiques, il est maintenant nécessaire d’avoir recours au modèle des réseaux pour comprendre les interrelations entre les gens et la culture, de penser la localisation en termes de structures sociales et non en termes d’emplacement. » (to think about localizing in terms of social structures not in terms of location).

Tel est, selon Danah Boyd, le changement essentiel subi par le web en dix ans. C’est, explique-t-elle, ce qui justifie qu’on parle maintenant de Web 2.0.

Cette approche ouvre la porte à une rupture avec l’homogénéisation. Ainsi Danah Boyd écrit-elle : « Nous devons rompre avec le modèle du village global, avec la conception de l’accès à l’information reposant sur la « vérité » universelle. Nous devons situer l’accès à l’information dans une culture glocalisée ». Mais la localisation du global n’est pas affaire essentiellement géographique elle est avant tout sociale: « l’information accessible globalement doit être organisée dans un contexte local où le sens est créé ».

Je suis frappé par l’attention croissante que nous semblons tous porter au « local ». Dans un monde où le global autant que le virtuel échappent à nos sens, c’est compréhensible. Ça l’est encore plus s’il est à la fois géographique et social.

Je trouve ça plus compliqué mais plus parlant. Et vous ?

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