Dites-le avec avec des cartes...

Publié le 6 Décembre 2005

Googlemapfirstkiss Ça fait un bout de temps que j’ai repéré les gens qui trafiquent des cartes Google. Ils y mettent des infos les concernant et les font circuler sur l’internet comme les vieux s’envoient des courriels et les jeunes des photos. L’envie d’en faire autant me rongeait la rate, mais l’idée que c’était à ma portée ne me traversait pas l’esprit.

C’était avant Wayfaring, un site qui permet au premier venu de créer sa propre Google Map en y faisant figurer ses adresses pour les partager avec ses copains ou avec la terre entière.

C’est on ne peut plus simple. On choisit son lieu et il suffit ensuite de cliquer sur la carte puis d’y ajouter une référence, ou une note. On peut même tracer un parcours.

Parmi les cartes disponibles on peut trouver les bons restaurants entre San Francisco et Santa Cruz, les endroits pour faire des piqueniques à Maui (Hawaï) où les différents immeubles dans lesquels Susie, une étudiante de UCLA prend ses classes. A peine un avant-goût.

GoogleMaps Mania, un blog qui suit les développements de cette nouvelle passion donne des milliers de pistes. Une des plus récentes fait allusion à des cartes où les amoureux marquent l’évolution de leur histoire en commençant par le lieu de leur premier baiser. MapGasPrices permet par contre de trouver (et d’actualiser) les stations d’essence les moins chères et leurs prix.

Le mouvement dépasse largement ce qu’un seul blog peut recenser. Il couvre aussi des activités académiques et sociales, parmi plein d’autres, comme ce projet de recherche sur le « micro local » animé par François Bar, professeur à l’Université de Southern California. Il se sert d’une GoogleMap dans une étude sur la façon dont les habitants d’un quartier du sud de Los Angeles utilisent les nouveaux médias pour diffuser leurs expériences communautaires.

Pour une idée encore plus complète, consultez le tag « GoogleMaps » de Technorati.

Ces cartes qui se multiplient traduisent sans doute une volonté de réappropriation des lieux dans un monde où le global et le virtuel échappent à nos sens. Mais il n’y a pas que ça qui compte dans cette nouvelle vogue. L’échange (non représenté) compte tout autant que le lieu et sa représentation.

Au moment d’écrire ce billet je me suis dit qu’il fallait que je vous envoie une carte. Mais ça m’a fait tout drôle. J’habite loin de la plupart d’entre vous. Situer mes restaurants favoris, le parcours que je suis pour aller pratiquer l’Aïkido ou donner des cours à l’école de journalisme n’aurait guère de sens.

Ces cartes ne serviraient-elles donc qu’au gens qui vivent la porte d’à côté ? Ça serait un fameux paradoxe.

Qu’en dites-vous ?

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