« Crise des banlieues » et réseaux : quelques questions

Publié le 17 Novembre 2005

J’ai du mal à suivre de près ce qui se passe en France en ce moment, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’interroger, au contraire.

Une des questions que je me pose – je garderai les autres pour plus tard, peut-être – concerne le rôle éventuel des réseaux.

J’ai lu quelques papiers sur l’utilisation des téléphones mobiles, mais n’y ai trouvé rien de nouveau par rapport à ce qui s’est passé lors de manifestations spontanées ailleurs (Espagne en mars 2004 par exemple).

Les arrestations de blogueurs ont été l’objet de différents papiers notamment aux États-Unis (voir SmartMobs). Ils révèlent que la police suit de très près ce qui se passe sur l’internet et sans doute sur tous les systèmes de communication électroniques utilisés par les réseaux. Une évolution à ne pas perdre de vue.

Les articles que j’ai pu lire laissent entendre que les émeutes étaient spontanées. J’ai lu certaines références à la participation locale de bandes de quartiers plus ou moins organisées. L’impression que j’en tire est qu’il n’y a pas d’organisation (le pluriel serait peut-être plus juste) derrière tout ça. Si je me trompe, dites-le moi.

Certains commentateurs craignent que des organisations islamistes profitent de la situation pour leur propre fin. Il s’agirait, si je comprends bien, d’une récupération.

La question que je me pose est : dans quelle mesure ce qui s’est passé (et qui continue malgré l’état d’urgence qui ne saurait résoudre des problèmes qui se posent en termes de réseaux) pourrait-il donner lieu à l’émergence de réseaux auto-organisés et susceptibles de se transformer pour perdurer.

Vues d’ici, les émeutes de ces dernières semaines ont les deux caractéristiques des réseaux efficaces : l’absence de chef et la capacité d’opérer en « essaim » (Swarming).

Appliquant les concepts de John Arquilla et David Ronfeldt sur les conflits impliquant des réseaux sociaux (netwar – voir cet article et celui-ci que j'ai publiés dans Le Monde Diplomatique), il serait alors intéressant de savoir de quelles formes d’organisations ils pourraient se doter, autour de quelle « histoire », ou récit, ils pourraient se retrouver.

Il est également nécessaire de poser les mêmes questions à propos des réseaux qui semblent d’être organisés pour contrôler la crise.

Engageons la réflexion…

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