Mobiles et merengue à Saint Domingue

Publié le 17 Octobre 2005

ChayaneclaveAprès trois jours de cours intensifs sur le futur du journalisme j’ai assisté samedi soir au Festival Président de musique latine. Rien de politique : Président est le nom d’une bière qui consacre beaucoup d’argent à la promotion.

Le festival donne lieu, dans le stade olympique envahi pour la circonstance, à « la plus grande concentration populaire du pays » selon le journaliste qui m’avait invité : près de 60.000 personnes, jeunes dans leur immense majorité, même si l’on voit plus d’une grand-mère se remuer avec le même plaisir que leurs descendants.

Même Jennifer Lopez était là.

Une des vedettes locales les plus appréciées semblait être le chanteur de merengue Eddy Herrera. Beau gosse, il est la passion des jeunes filles qui hurlaient son nom et reprenaient toutes ses chansons qu’elles connaissaient par cœur.

Soudain, au milieu de son show, le bel Eddy a demandé aux organisateurs d’éteindre toutes les lumières. Il a ensuite invité les présents à sortir leur cellulaire, à l’ouvrir face à lui en levant le bras le plus haut possible et à marquer le rythme à mesure qu’il chantait.

Suffoquant : une personne sur trois au moins s’est mise à agiter son mobile comme on le faisait avant, dans le même genre de concert, avec un briquet. Certains en exhibaient même deux. J’aurais volontiers échangé le mien contre certains de ceux que j’ai vu alors.

L’accès à l’internet demeure faible en République Dominicaine (moins de 9%), mais la pénétration de la téléphonie mobile, dont le taux de croissance en Amérique latine est un des plus élevé du monde, permet d’espérer des changements rapides.

Une très rapide vérification sur internet confirme mes impressions. Selon la société d’études CMS, à peine 10% des Dominicains avaient des lignes de téléphone fixe en 2004. La téléphonie mobile a dépassé l’autre en 2001. Elle est maintenant trois fois plus importante.

Au stade olympique, entre chaque artiste les écrans géants dressés de chaque côté de la scène projetaient alternativement photos et textos envoyés par les présents (j’ai vu plus d’un enfant expliquer à son père ou à sa mère comment faire). Déclarations d’amour plus ou moins banales la plupart mais, ode à la pénétration de la téléphonie mobile.

C'est de plus en plus sur cette base qu'il faut maintenant poser le problème de la pénétration des TIC dans les pays en voie de développement.

Qu'en pensez-vous?

[Photo de Carmen Suárez publiée par ClaveDigital]

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