Les bricoleurs informatiques ont le vent en poupe

Publié le 2 Juin 2005

Makezine Make Magazine se veut le Mécanique populaire du XXIème siècle ou, plus précisément, « Le premier magasine consacré aux projets numériques, aux bricolages en dur et à l’inspiration fais le toi-même » (The first magazine devoted to digital projects, hardware hacks, and D.I.Y. inspiration. D.I.Y. est l’abréviation de « Do it yourself »). Il répond à une tendance d’importance croissante.

Le deuxième numéro de cette revue produite par O’Reilly, éditeur spécialisé dansles TIC, propose un cours de base sur comment faire du podcasting, le bricolage « made in Nicaragua », comment fabriquer un robot, les fans de Star Wars qui clonent R2-D2 chez eux, etc.

Les articles de la revue ne sont pas accessibles online, mais MakeZine s’est doté d’un blog plein de tuyaux utiles.

Derrière le succès de Make (25.000 abonnés alors qu’il avait prévu d’en avoir 10.000 à cette date) on assiste en fait à l’émergence d’un nouveau mouvement de « D.I.Y. ».

La revue Fortune leur consacre un article dans le numéro du 30 mai. On peut y lire une citation d’Eric von Hippel, professeur de M.I.T. et auteur du livre Democratizing innovation, selon qui les fabricants n’ont plus le monopole de l’innovation.

Tout cela est à lier (mais à ne pas confondre) avec l’essor du mouvement open source.

En mai 2004 déjà, Doc Searls, éditeur du Linux Journal, avait publié un numéro de Release 1.0 la lettre mensuelle créée par Esther Dyson, consacré à l’informatique D.I.Y. Il y constatait une « tendance à s’éloigner des systèmes monolithiques et impénétrables pour faire la place aux systèmes que les usagers dessinent pour eux-mêmes. »

Il précisait que le mouvement est rendu possible par le fait qu’un plus grand nombre de gens ont une meilleure formation et que les logiciels sont plus transparents, plus modulaires et plus facilement modifiables.

« A long terme, concluait-il alors, DIY veut dire deux choses : la première est que la valeur ajoutée se déplace du vendeur vers l’usager de façon croissante. La seconde est que tout cela devrait vouloir dire que les usagers sont mieux à même d’exécuter leurs propres tâches en matière de logiciels ».

Plus au fond, il situait cette évolution dans un contexte culturel changeant, le fait que les gens savent plus précisément ce qu’ils veulent et attendent de leurs outils, leurs gadgets, leur environnement qu’ils répondent précisément à leurs attentes, pour pouvoir faire ce qu’ils doivent ou ont envie de faire à leur façon ou, en anglais dans le texte « my way ».

Qu’en pensez-vous ?

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