La napstérisation des infos

Publié le 13 Mai 2005

Merci pour vos réponses à la question posée il y a quelques jours (voir ce billet et les commentaires) sur les médias participatifs : s’agit-il d’une mode passagère ou d’une force susceptible de réduire le rôle des médias traditionnels ?

J’ajouterais les éléments suivants :

  • La napstérisation de l’information et des médias me semble inéluctable. Je crois, comme vous, que c’est avant tout un phénomène social. Les gens ne croient plus dans les détenteurs de vérité. Les médias ont montré qu’ils pouvaient se tromper ou mentir comme les autres. Nous avons aussi tendance à parler de problèmes avec lesquels le public ne s’identifie pas sans expliquer pourquoi ils les concernent.

    Dans un tel contexte, la technologie ne fait que permettre la participation de ceux qui veulent en réduisant les coûts et en rendant possible la communication horizontale.

  • Le journalisme citoyen tend à être hyper-local (voir Bluffton Today). Le vrai défi est de le pratiquer au niveau global ou transnational comme le font la version en anglais du site coréen OhMyNews, Global Voices ou WorldAndUS dont je m’occupe, entre autres.
  • Il en va des médias participatifs comme de l’Open source. La nouvelle écologie inclura aussi bien des sites entièrement « citoyens » que des médias traditionnels qui après l’avoir combattu se verront contraints de l’adopter en partie, comme ils le font avec les blogs.
  • L’économie des médias citoyens peut être source de bien des surprises. Ils peuvent sans doute compter sur une « éthique de la participation » mais doivent trouver un « modèle de développement durable ».

  • Face à cela j’ai tendance à trouver que beaucoup de journalistes traditionnels abordent les médias participatifs comme l’Arabie Saoudite s’ouvre à la démocratie (ou le Koweït au vote des femmes).

    Ce qui compte c’est la communication horizontale. C’est différent de la tendance à opposer l’information dirigée du haut vers le bas (top down) à l’information du bas vers le haut (bottom up ou grassroot). La différence est en effet que les puissants disparaissent de l’équation. Symboliquement du moins.

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