Le défi de l’excès d’information

Publié le 12 Mai 2005

[Mille excuses... j'étais tellement fatigué en rentrant de voyage hier soir - heure de Californie - que j'ai mis mon billet en ligne mais oublié de l'enregistrer pour qu'il apparaisse sur le site...]

Il est temps de revenir sur la question posée il y a quelques jours (voir ce billet) concernant l’excès d’information et son impact sur le journalisme.

C’est l’un des défis les plus sous estimés auxquels se heurte le journalisme aujourd’hui. Nous souffrons tous de l’excès d’information et les médias tendent à publier de plus en plus.

  • Je n’ai pas encore rencontré un seul informaticien qui ne croie pas en une solution technique en s’appuyant sur la loi de Moore et la sophistication accrue des agents intelligents capables, entre autres, d’éliminer les pourriels ou de trouver les articles qui nous intéressent.
  • Je préfère parler de « déséquilibre informationnel ». Ça comprend bruit, erreurs, mensonges, manques. Et ça nous invite à poser le problème en termes qualitatifs. La question devient alors : comment réduire ces déséquilibres ? Améliorer la qualité ?
  • Le défi de fond c’est que le journalisme est apparu dans un monde de manque d’information. Le devoir de publier « All what is fit to print », pour reprendre la formule qui est chaque jour à la une du New York Times, vaut quand les pouvoirs essayent de tout cacher. Il doit être révisé quand ils déforment ce qui compte au lieu de le cacher en nous inondant d’informations qui leur sont favorables.
  • Les média participatifs menacent d’aggraver le problème. N’y a-t-il pas déjà 10 millions de blogs (voir ce billet) ? La somme totale du contenu produit par les citoyens dépasse maintenant le temps dont nous disposons pour le lire, l’écouter ou le voir. Heureusement que les blogs peuvent aussi servir de filtres et que le journalisme citoyen s’adresse le plus souvent à des communautés limitées.
  • L’excès d’information nous invite à pratiquer de plus en plus un « journalisme humble ». Au lieu de privilégier le scoop, la « une », la gloire, nous devrions passer plus de temps à aider nos concitoyens à trouver l’information qui compte pour eux-mêmes et leurs communautés, à la situer dans son contexte local aussi bien que global.
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