« Avons-nous besoin de connectivité continue ? »

Publié le 24 Avril 2005

our les gens qui, comme moi, ont tendance à claironner que c’est indispensable, la question est provocante et mérite qu’on s’y arrête.

C’est ce que j’ai fait pendant deux heures vendredi dernier pour écouter une discussion sur ce thème organisée dans le cadre d’une conférence réunie à l’université de Californie, Berkeley pour étudier comment réduire le fossé qui sépare riches et pauvres.

« Du point de vue des grandes corporations, la réponse est ‘Bien sûr !, nous voulons l’informatique omniprésente’ » a expliqué Jessica Aalami de l’Université de Berkeley. Il est alors convenu de citer le développement de la Corée où 70% des foyers sont équipés de ligne à haut débit (premier pays au monde). Mais on oublie de mentionner les prix exorbitants (pas seulement en termes relatifs) pratiqués dans les pays en voie de développement.

Une telle approche a pour principal inconvénient qu’elle a peu de chance d’être mise en place. Dans un très grand nombre de cas « l’intermittence est un fait de la vie » à cause, entre autres, du manque d’électricité, ou des conditions climatiques adverses.

Assumer l’intermittence

“Assumer l’intermittence est peut-être un meilleur choix » propose Kevin Fall, chercheur d’Intel basé à l’Université de Berkeley et membre du Delay Tolerant Networking Research Group.

Outre un travail technique avancé sur l’architecture de tels réseaux et les applications qu’ils requièrent, cette équipe de chercheurs avance la notion « d’intermittence prévisible ». « Si on connaît les horaires de connexion on peut prendre les décisions appropriées, »m’a expliqué Fall à l’issue de sa présentation. « On peut éteindre le système pour économiser de l’énergie ou décider quand envoyer tel ou tel type d’information ».

Cette approche de l’intermittence n’est pas qu’une rationalisation des problèmes que l’on trouve dans le Tiers Monde. Kevin Fall est convaincu qu’elle présente des intérêts pour le monde développé quand il s’agit par exemple de transporter d’énormes quantités de données. C’est quand même mieux, dit-il, que d’envoyer le disque dur par courrier spécial comme le font certains ingénieurs.

Plus près de chacun d’entre nous, le travail réalisé pour rendre les applications plus tolérantes aux transmissions intermittentes devrait permettre un jour d’éviter l’interruption d’une communication téléphonique mobile quand on passe dans un tunnel.

Voilà en gros ce que Kevin Fall et les siens répondent à la question posée. Qu’en pensez-vous ?

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