Journalistes et blogs : le questionnaire de Clément (2)

Publié le 19 Mars 2005

Continuons donc avec le questionnaire de Clément sur blogs et journalisme (voir ce billet).

Nous en étions à la deuxième question que je répète pour mémoire avec ma réponse et les deux questions suivantes : 2 - Certains affirment que le blog marque la fin du journalisme. Pour vous les blogs sont-ils une chance ou une menace pour le journaliste ? En d’autres termes que pensez vous du développement des blogs de citoyens qui traitent de sujets d’actualité, qui la commentent et analysent ou critiquent le travail des journalistes ? Est-ce positif pour l’avenir de la profession. Pourquoi ?

FP – Aucun nouveau média, aucune nouvelle forme d’expression ne tue les autres. Il y a redéfinition, nouvelle écologie et, dans ce cas, pour reprendre une expression déjà utilisée : médiamorphose. La participation des citoyens est d’abord un fait, une évolution inéluctable. Elle invite les journalistes a faire attention, à être plus humbles et surtout à percevoir leur rôle – qui demeure indispensable – d’une façon différente. On passe du journalisme comme conférence au journalisme comme conversation (Gillmor).

L’évolution est inéluctable. Elle peut représenter une menace pour ceux qui croient à l’autorité (et au pouvoir) que leur donne leur métier. J’y vois plutôt une chance pour l’avancée de la participation sociale à la vie de la cité.

J’ajoute que le fait que les journalistes n’ont plus le monopole des informations donne lieu à une évolution plus inquiétante : le fait que les autorités, celles qui ont un pouvoir politique et économique, peuvent elles aussi produire des « actualités » qui ne répondent pas aux critères éthiques et professionnels auxquels nous aspirons. Aux Etats-Unis, le scandale des informations et des journalistes payés par la Maison Blance n’est que l’exemple le plus récent.

3 - Comment justifiez-vous la multiplication des blogs créés par des journalistes et l’émergence de nombreux liens vers des blogs de spécialistes ou de journalistes sur les grands sites d’informations (Le Monde, Nouvel Obs, L’Express…) ? S’agit-il d’une volonté de récupérer un nouveau média pour en faire un nouveau moyen de médiation ? FP – Je ne crois pas qu’il s’agisse de justifier. Peut-être pouvons-nous essayer d’expliquer. Et ça n’est pas facile dans la mesure où plusieurs éléments contribuent à ce phénomène complexe. Parmi d’autres il y a la volonté de certains journalistes de participer à ce mouvement irréversible auquel je faisais allusion plus haut. Cela n’exclue pas que certains d’entre eux y voient un espace de liberté plus grande (pas de contrôle préalable du rédacteur en chef). Les entreprises enfin peuvent souhaiter participer au mouvement elles aussi. Etre présentes dans un espace dont personne ne sait clairement ce qu’il deviendra mais dans lequel ne pas être signifie risquer de disparaître. N’oublions pas enfin que cela permet d’attirer du trafic sur un site et donc de la publicité, c'est-à-dire une source de revenus.

4 - De nombreux blogs ont sorti des informations que les journalistes avaient refusé de publier pour diverses raisons (les commentaires racistes de l’ancien président du groupe républicain au Sénat, M. Trent Lott obligé de démissioner; l’histoire de l’oreileltte du président Bush...). On ne peut peut donc pas nier leur influence dans la sphére politico-médiatique. Est-ce un danger ou une chance du point de vue des journalistes?

Danger ou chance ? Qu’en dites-vous ?

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