L’appareil qui bouffait tout ?

Publié le 14 Mars 2005

Swissarmyphone_1 Les téléphones à tout faire (voir ce billet) sont à la mode et, avec eux, revient la notion de « convergence » tarte à la crème des technologies de l’information et de la communication (TIC). The Economist de cette semaine y consacre même un long article sous le titre The device that ate everything? (accès restreint).

La thèse part d’une idée simple : le portable est en train de « manger », d’absorber toutes les autres technologies (photo, vidéo, musique, télé, PDA… entre autres). Mais, phénomène curieux, au lieu d’une « réduction » que la notion de « convergence » semble annoncer, on assiste plutôt à une « prolifération ».

La multiplication des hybrides

« Quand des appareils digitaux se rencontrent, ils convergent moins qu’ils ne procréent, » affirme l’hebdomadaire londonien. « À une extrémité on a des téléphones sans appareil de photo ; à l’autre des appareils de photo sans téléphone. Et, au milieu, un nombre croissant d’hybrides. »

Contrairement pourtant au titre provocateur de l’article, cet appareil qui « mange tout » n’élimine pas les appareils spécialisés dont les performances sont souvent supérieures et qui sont d’usage plus facile. D’où l’idée avancée que « La meilleure notion pour décrire [ce qui se passe] n’est pas la convergence, mais la divergence. » On serait plutôt tenté de parler de diffraction. Il y a des gens qui veulent seulement passer un coup de fil

Emily Turrettini, dont je ne saurais trop recommander le blog Textually.org va dans le même sens quand elle nous écrit : « Je crois qu’il y a un marché pour les deux. Tout le monde ne veut pas un téléphone portable qui peut chanter et danser. Le marché n’est pas seulement fait de technophiles calés, au courant des derniers gadgets mobiles et disposant des moyens de se les offrir. Il y a aussi des gens qui veulent seulement passer un coup de fil, telle que la grand-mère européenne ou le fermier africain qui s’en sert pour trouver le meilleur prix pour ses produits, ou simplement pour appeler un docteur, qui demeure presque un petit miracle dans certaines parties du monde. » Fausse route ?

Je n’ai aucun doute qu’en termes de marché Emily a raison. De même qu’il est légitime de parler de « convergence » (même si on en a tous un peu marre) pour décrire l’évolution des appareils et de leurs multiples capacités.

Mais les prouesses technologiques nécessaires pour réaliser les téléphones portables toujours plus puissants dont nous disposons n’est peut-être pas ce qui compte le plus. J’ai en fait l’impression qu’on peut très vite faire fausse route quand on accorde trop d’importance à l’appareil lui-même au lieu de s’interroger sur les usages qu’on en fait.

Qu’en pensez-vous ?

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