Répondre ou ne pas répondre?

Publié le 21 Janvier 2005

Ma première réaction à la tonalité de certains commentaires postés à la suite de mon billet "To switch or not to switch" était assez simple: on ne répond pas aux injures car c'est rentrer dans leur logique.

Mais il n'y a pas que des injures dans ce déluge. Plusieurs, surtout au début, m'ont vraiment fait réfléchir (merci David, Michel, Teddy, Ubique, entre autres). Je devais donc répondre. C'est la logique du blog, ma part du contrat.Sjobsquestionmarkmacworld99fp

Que répondre, alors?

C'est moins facile qu'on ne pourrait croire quand on aime garder ses distances avec les idoles (à prendre d'abord mais pas seulement au sens originel) et que sous la pression on a plutôt tendance à faire face. Défaut de jeunesse? Regardez ma photo… Lacunes

Mon billet qui se voulait acide mais ouvert présentait au moins trois lacunes (surtout n'allez pas compter… trop facile):

  • Ce que fait Apple dans le domaine du multimédia n'a pas son pareil ailleurs.
  • Je dis que la gamme des programmes pour Wintel est "plus variée". Noliv a raison de noter que c'est un point délicat. Il y en a plus on peut discuter sur la notion de variété.
  • Le Mac OS a fait une grande part à l'open source et même si je peux souscrire à des formules du genre "Apple est le Microsoft de la musique" (pas de moi) je ne peux pas ignorer cet aspect essentiel.

    Provoc

    J'ai bien sûr fait un peu de provoc en affirmant qu'il y a plus d'innovations hors de la planète Mac qu'en son sein (question de taille). En ce sens la "volée de bois vert" est bien méritée.

    Je ne suis pas pour autant convaincu du contraire. C'est pour ça que j'ai écrit ce billet sur les brevets déposés par IBM, un indice parmi d'autres.

    Je crois aussi que le monopole de Microsoft et ses pratiques commerciales ont un impact négatif sur l'innovation. C'est pas contradictoire.

    La tendance véritable - je reprends ici une formulation de mon ami Jerry Michalski avec qui j'en parlais tout à l'heure - c'est que " l'innovation se fait de plus en plus sur la toile. Les guerres de religion entre OS sont affaires du passé". L'open source, pour sa part, étend l'innovation à l'essentiel: l'organisation, la propriété, la diffusion. Une réalité

    Loin de penser que Microsoft est le "top du top" - pour reprendre l'expression de "totoche" (qui ne laisse ni email ni URL) - je ne peux pas l'ignorer pour autant.

    Le fait que Wintel soit utilisé par presque tout le monde n'est pas une valeur, c'est une réalité que l'observateur ne peut pas ignorer. Exemple: iPhoto est une curiosité de l'esprit pour 97% des lecteurs potentiels de tout article grand public sur la technologie. Picasa peut leur être immédiatement utile. Si Apple est une cause…

    Je n'adore pas Steve Jobs (pas autant que Ziane qui dit "pardonne-lui Steve il ne sait pas" comme les curés de nos villages d'antan invoquaient le pardon du bon dieu). Je le trouve même antipathique, mais imbattable au marketing. Comme je trouve que Bill Gates laisse désirer comme ingénieur alors que son génie d'homme d'affaires emporte le respect.

    Si Apple est une entreprise je salue certains de ses succès (comme je l'ai fait on ne peut plus clairement dans ce billet et dans celui-ci sur MacWorld). Si Apple est une cause, ça n'est pas la mienne. Et les braillards qui la font leur la servent mal en s'interdisant une analyse contradictoire du terrain, en s'enfermant dans leur microcosme, en faisant fuir les hésitants.

    Je le disais presque clairement dans mon billet (certains l'ont noté) : j'avais envie (au moment de l'écrire) non de switcher mais de revenir faire un tour sur la planète Mac (surtout avec Tiger, c-a-d dans quelques mois) et de vous tenir au courant de mes réactions. On comprendra que j'hésite…

    Pardon pour avoir été si long.

    Au risque de me répéter, je propose de… passer à autre chose.

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